Communiqué du groupe local de Biarritz
La problématique écologique n’est évidemment pas une affaire de mode.
Après les 7,7% du candidat se réclamant des Verts aux cantonales, les quelques 15,5% réalisé par Europe Ecologie aux Elections Européennes, auxquelles s’ajoutent les 3 % des écologistes indépendants indiquent une poussée très nette. En fait les idées qui sont les nôtres sont déjà partagées par une majorité de nos concitoyens, mais il reste aux écologistes à relever un énorme défi.
Le temps du béton et celui de la démesure étant terminé, Biarritz doit se fixer comme objectif d’être une ville écologique où il fait bon vivre et où toutes les générations et tous les budgets puissent trouver leur place.
Dans l’avenir, on peut présager que les élections porteront aux postes de responsabilités, localement comme nationalement, des femmes et des hommes qui mettront la défense de l’environnement, la qualité de la vie, la justice sociale et la solidarité au premier plan.
« Je ne sache pas d’endroit plus charmant que Biarritz » s’extasiait Victor Hugo en 1843. Mais il exprimait aussitôt sa crainte que cette charmante cité ne devint trop à la mode et perdit son âme…
Le petit village de pêcheurs et de paysans se transformera et Biarritz verra fleurir des demeures somptueuses et baroques, mêlant une multitude de styles architecturaux qui lui donnent aujourd’hui un incomparable cachet.
Même si les goûts sont subjectifs, on peut s’accorder sur le fait que les réalisations de l’époque où le béton se mit à partager le pouvoir avec l’argent sont pour le moins discutables. Les vieux biarrots se souviennent sans doute des aménagements délirants prévus dans la zone d’Ilbaritz-Mouriscot ou sur le site de la Côte des Basques. C’est dans ces années là qu’à la MJC de Biarritz, un atelier dit écologique s’efforçait de sensibiliser la population, cependant qu’un certain Georges Hennebute rassemblait une liste résolument tournée vers la résistance aux destructions et que Roger Dupérier tirait la sonnette d’alarme depuis le musée de la mer.
Contre vents et marées, l’idée écologique faisait son chemin…
Aujourd’hui, il est clair que l’idéologie du « Progrès » (avec un grand P) est en panne, cette idéologie générant plus d’anxiété que d’espoirs. Certes, sur la lancée, certains essayent encore de profiter des derniers élans d’un modèle à bout de souffle qui produit surtout des nuisances, menace l’équilibre précaire de la planète et accroît les inégalités. C’est ainsi qu’on lance encore à l’aveuglette des projets en espérant qu’ils vont générer croissance, profits, développement…
La Cité de l’Océan… Il est vrai qu’à côté d’un « projet aussi original et innovant », d’un tel « outil de développement », on paraîtrait bien mesquins si l’on parlait de réfection de trottoirs, d’améliorer l’efficacité du traitement et du rejet des eaux usées ou d’offrir aux citoyens des jardins familiaux.
La rénovation du musée de la mer, de l’établissement de bains avec dans ce secteur (pourquoi pas ?) un espace consacré au surf qui est une des activités phares de notre cité, est-ce que cela n’aurait pas été assez ? Une réalisation telle que la médiathèque n’aurait-elle pu suffire à la gloire du premier magistrat ? Il est vrai que quand on représente à soi tout seul la France et l’Union Européenne à Quito dans le cadre du foro, cela fait un peu juste…
« Reine des plages et plage des rois », ville d’art, ville de culture, ville de congrès, ville sportive… Biarritz a naturellement bien des atouts ! Et bien sûr que nous aimons l’océan ! Et pas seulement un océan en images de synthèses et en scénographies ludiques, mais le vrai, celui qui souffre à cause de l’homme, celui qui ne parvient plus à absorber déchets et effluents. Le passage par la Cité de l’Océan nous permettra-t-il de mieux distinguer les mousses jaunâtres qui ceinturent le rocher de la Vierge et à nous poser les vrais questions ? Mais sans doute avions nous absolument besoin de la Cité de l’Océan pour nous ouvrir les yeux et trouver les solutions.
Mais, dirons les incrédules, pour qui tout changement n’est pas forcément porteur de Progrès, n’existait-il pas, déjà un centre de recherche au musée de la mer ? Et ne pouvait-on le développer sur place ?
Enfin aux questions cruciales : « Combien nous coûtera la Cité de l’Océan? » et « Est-ce qu’une ville moyenne comme Biarritz peut à elle seule s’offrir ce luxe ? » l’homme de la rue aurait bien du mal à répondre avec certitude. Ce que nous avons tous bien compris, en revanche, c’est que nous sommes endettés sur trente ans et que, dans le cas (vraisemblable) où les 450 000 ou 500 000 visiteurs ne seraient pas au rendez-vous, des centaines de milliers d’euros de déficit annuels viendront grever le budget au détriment d’autres investissements. A contrario, dans le cas où les centaines de milliers de touristes supplémentaires se déverseraient sur Biarritz, n’y aurait-il pas d’autres problèmes et d’autres coûts induits ?
Quand les finances sont dans le rouge, que les recettes ne sont pas assurées, quand il convient que les associations se serrent la ceinture, ne doit-on pas chercher à utiliser le plus judicieusement possible les deniers publics et faire des choix visant à améliorer la qualité de la vie des Biarrots et des visiteurs ? Par exemple n’y a-t-il pas des aménagements écologiquement défendables à entreprendre pour valoriser le merveilleux site de la Côte des Basques ? N’y aura-t-il pas des efforts budgétaires importants à consentir pour rattraper vingt ans de retard en matière de transports en communs et mettre en place une politique novatrice pour les déplacements sur l’agglomération ? A l’heure du sommet de Copenhague, si l’on est convaincu qu’il faut diminuer de façon drastique les gaz à effets de serre, cela passe par une réorganisation en faveur des transports en communs et des déplacements « doux ».
La gratuité (pour l’usager) doit être sérieusement envisagée comme cela existe déjà dans des villes comme Châteauroux ou Aubagne.
Le genre de décision politique à la fois sociale et écologique qui a toute notre faveur !

